LES DISPARITIONS DE LOLA

Une adaptation du roman de M. Duras : Le ravissement de Lol V. Stein.

Deux versions possibles du spectacle

Spectacle avec vidéo, quintette instrumental et deux comédiens

Les dispartions de Lola, spectacle avec vidéo, quintette instrumental et deux comédiens

Concert lecture avec quintette instrumental et un comédien

Les disparitions de Lola, concert lecture

Laure BERBON, flûte

Juliette MONCADA, chant

Lukas FEISSEL/Adrien Philippon, clarinette

Sarah FRAYSSE, saxophone alto et baryton

Clémentine GIRAUD, violoncelle

Susie BOURQUIN, Julien AUBRUN, comédiens

Julien AUBRUN, metteur en scène

Benoît LOROT, composition et adaptation du roman

Élodie MAÎTRE, réalisatrice

Assistée par Cyril FOURREAU

Présentation

Certains romans semblent vous attendre au tournant. Il peut vous sembler les connaître avant de les avoir lu. Et une fois la rencontre avec le livre passée, il vous semble presque l’avoir écrit dans une autre vie.

C’est le cas pour moi avec Le ravissement de Lol V. Stein.

J’ai eu l’idée de ce spectacle avant de l’avoir lu.

Je voulais écrire un spectacle qui puisse exprimer la part de moi-même la plus intime, la plus personnelle, la plus enfouie : un trou noir, impersonnel et destructeur, un désert où l’idée d’un sujet est une blague désarticulée.

Tout individu est un courant d’air de mensonges et d’illusions, qui remue suffisamment pour masquer de poussière l’absurdité de son origine fuyante. L’identité est une gesticulation épileptique et désespérée pour travestir le vide qui nous constitue.

Ce trou noir, cette absence fondamentale au cœur de soi-même est le véritable sujet des disparitions de Lola. C’est pourquoi Lola ne vit pas une disparition, mais des disparitions. Le pluriel comme marqueur poétique du passage d’un seuil, au-delà duquel toute notion de singularité s’efface au profit de devenirs partiels et dangereux, qui font de Lola plus une expérience artistique, qu’un personnage en tant que tel.

Et puis j’ai rencontré ce livre. Susie Bourquin, en travaillant avec moi sur le spectacle, un jour me fait remarquer à quel point cette idée s’incarne dans le roman de Duras.

Les dés étaient jetés.

L’événement qui fait chavirer Lol V. Stein est futile, sans épaisseur, badin. Et c’est justement la force de Duras de mieux ainsi nous le dévoiler comme prétexte. Peu importe l’événement, plus ou moins dramatique, tous résonnent dans ce même cri, d’abandon, d’origine perdue parce inlocalisable, vaine, chaotique.

Lola a toujours manqué à sa propre place. C’est ce que nous dit Tatiana, sa meilleure amie d’enfance. Lol V. Stein ne parle jamais en son nom propre, comme si on ne pouvait entrer dans Lola que par l’extérieur. Le réel n’est pas frontal, il est à la périphérie, là où les choses changent de nature. Ce sont les forces extérieures du chaos qui créent le semblant de l’intériorité.

Il y a une ironie merveilleuse et diabolique dans le faux-semblant d’être soi-même, qui est la jubilation tendue et l’intention de tout le spectacle.

Dates et lieux de représentation

affiche Lola

© Élodie Maître

© Élodie Maître

© Élodie Maître

Vendredi 11 mars, 20h, au Centre Culturel Jean Moulin, Mions.

Dimanche 13 décembre 2015, 18h, au théatre La Boite à gants, Lyon.

Samedi 10 octobre 2015, 20h30, au théatre La Boite à gants, Lyon.